Nous sommes le dimanche 26 Avril. Il est trois heures et vingt deux minutes. Dehors il fait nuit. Je suis dans une Renault Clio rouge. Alors que je suis prise d'une envie soudaine d'écrire, les essuies glaces continuent de couiner en frottant contre le pare-brise. Merci les ordis portables, sans vous j'aurais été avec mon carnet et mon petit stylo à tenter d'aligner deux mots en éclairant toutes les trente secondes avec mon portable, voir si je n'avais pas trop mal écrit. La voiture part en destination de Poitiers. Je reviens de loin, de Corse. Vous ne pouvez imaginer un endroit aussi magnifique. Des paysages grandioses à perte de vue, des plages de sable fin poussent là bas comme les crottes de chiens à Poitiers. Et par dessus tout il fait beau. J'ai cramé, j'ai brulé, j'ai jouit de cette chaleur qui me transformait en rôti vivant. J'ai fait une intolérance au soleil aussi. Ou du moins, c'est le moins pire que je me souhaite car je pourrais très bien faire une allergie au soleil, ce serait plus embêtant. Enfin bon du moment que je reste à Poitiers, je ne risque pas de refaire de crises. Avec mon père et mon frère ça a été plutôt horrible mais on fait avec. Je vais tenter d'expliquer à mon père que je n'ai pas ce besoin de partir pour être heureuse. Je n'ai pas besoin de polluer la planète avec la voiture et le bateau. Je n'ai pas besoin de consommer autant, de résister à l'image du touriste. Je suis bien à Poitiers, pas besoin de dépenser du fric à partir si loin pour assouvir des désirs de riche refoulé qui ne sont pas les miens. Ça va être dur de le convaincre, de le convaincre sans le vexer, de le faire tout arrêter. Chaque année c'est la même chose, le même supplice, la même redoute de ce moment si peu attendu. Suis-je pourrie gâtée au point de refuser un luxe que beaucoup m'envierait? Peut être, mais à qui la faute? Aussi bien que Marie Antoinette recherchait les plaisirs simples de la campagne et de la vie de paysan, je recherche une vie paisible où je ne consommerais pas autant que mon budget me le permet. "L'argent est fait pour être dépensé" Et après il gueule contre cette putain de société de consommation.
Le serveur amena une assiette de moules, dégoulinantes d'huile et sentant la mer à plein nez. Tu fis un grand sourire montrant tes os cariés par manque d'hygiène "Ça a l'air bon." Je grimace un sourire, éc½urée. Tes doigts piochent dans la platée, saisissant une coque et la portant à ta bouche. Tu aspires, de même que ces machines servant à laver le sol, gobant le mollusque orangé et buvant le jus d'huile et de gras. Tes gros doigts brillent déjà de la saleté avec laquelle tu manges. Tu te les fourres dans la bouche, un par un, les léchant avec des bruits de suçons particulièrement immondes, dédaignant la serviette de tissu propre se trouvant à tes côtés. Et ce manège recommence. Une moule s'égare sur tes lèvres suintantes, tu l'aspires, sans répit. Tu me proposes de goûter, je refuse. Je refuse car je sais que la main qui me tend cette moule transpirante de gras a été se loger, deux secondes auparavant, au fond de ta narine gauche.Il s'est passé pas mal de choses depuis le dernier article. Tout d'abord, comme gros événement, il y a eu la fête de Zo. Ah la fête de Zo, alala. Les gens présents seront plus aptes sûrement à témoigner mais peu importe, on va tenter, au point où j'en suis. Alors ça a commencé tranquillou avec Bobby le Papa des Poissons, puis avec Fred Abrashkov (Paul, ou quelqu'un d'autre, aide moi pour l'orthographe de son nom!). Bon ici, c'était Monster Munch oblige, ou plutôt on a été voir les hirondelles quoi. Plus ça va et plus je me rends compte à quel point ta beuh est dégueu Popilou! Ne te vexe pas surtout mais c'est ainsi. Mais ça va changer! Bientôt! Hum hum, je m'égare. Paul n'a pas arrêté de prendre un max de photos inutiles. Sauf que sur ces photos, il y a un max de photos de moi! Mais des photos immondes où je souris, mais tordu. Enfin passons cette anecdote de ma vie de fille ridicule. Ensuite on a vu Camille, Jo' et Maryline. Maryline avait acheté des feuilles à rouler à la fraise qui sentaient particulièrement bon. Et puis vu qu'on avait plus de beuh, on a mis les branchages et ça perçait les feuilles! Haha. J'en étais à mon premier verre de vin blanc. Juste avant j'avais pris des tapas (c'était bien ça?) et j'ai galéré comme une folle à le manger. A la fin ma jupe verte était transformée en jupe camouflage. Honte à moi. Puis j'ai été remplir mon verre que j'avais fini. On s'est posés au coin du feu il me semble. Ma mémoire, en oubliant l'alcool, est particulièrement défaillante. J'ai de nouveau été remplir mon verre. Au coin du feu il y avait un max de gens que je ne connaissais pas. Et il y avait un gars qui avait une bouteille et je lui fais, en criant, bien évidemment: "Hé c'est quoi ça? C'est du Pastis!" Il me montre la bouteille, du Ricard, il m'en propose, je refuse parce que j'ai déjà pas mal bu. Je regrette encore de ne pas en avoir pris. Je retourne remplir mon verre. Je ne sais combien de cigarettes j'ai roulé ce soir là mais je me souviens que je ne les avais pas finies, je les écrasais déjà en criant "Mais quelle conne! J'voulais fumer!" Je me souviens que je voulais monter sur les genoux de Maryline qui était assise sur un fauteuil roulant. Et elle avait trop peur que je lui quiche dessus, donc elle me le laisse. Et après, je sais plus qui, veut m'emmener faire un tour avec ce machin. Et moi je hurle parce que je sens que je suis pas dans mon état normal. En fait je sais pas pourquoi je hurle. Je me souviens que je voulais taper Paul et que je tapais dans le vide, comme une grosse merde. Et je me souviens d'avoir tapé Maryline. Mais je ne me souvenais pas qu'elle m'avait frappé également. J'ai appris récemment que j'avais pris des prospectus des mains de Léonie et que je ne voulais pas lui rendre. Hihihi. Et quand Jo et Maryline sont parties j'les ai rappelées en leur disant que je les aimais et tout. Et après ma mère est venue, je marchais pas droit, je disais de la merde et tout. Et on m'a rappelé, c'était encore les filles, et je criais pour répondre au téléphone et Léonie qui me disait de me taire.Ahah! J'ai posé ma main sur un max de gens que je connaissais pas. J'étais la seule bourrée dans tout le groupe. Bon je vous cacherais rien, c'était légèrement prémédité d'être bourrée. En plus quand le vin est bon et pas cher, on hésite pas un instant. Ma mère m'a dit, au retour, que je me dévergondais et que j'avais qu'à me tirer une balle si je trouvais la vie si chiante que ça. Et à quatre heures du mat' j'ai textoté à mort et mon ventre faisait la nouba, comme un bruit de kakatoès (j'ai jamais entendu le bruit d'un pareil animal mais je suis sûre que mon ventre reproduisant son chant si mélodieux). [Hé koi 2 9 ché marianne land? Il é 4h30 g 1mal de ventre orible la chiasse. Je boi dé litre do é la je jou o sims. Sinon on srefé sa kan vou voulé! =D Bibi' ] D'après Marine j'ai eu la gueule de bois. Je doute un peu, j'ai pas tant bu et j'ai pas du tout quiché. Pourtant Maryline voulait vraiment que je quiche. J'aime l'ivresse.
Le weekend suivant était plutôt étrange. Je l'ai passé à Vivonne, ville qui, bien que j'habite à proximité, m'est complètement inconnue. J'ai poké une D, autrement dit j'ai douillé. C'est space. Mais c'est tellement fun! Je crois avoir plutôt assuré. Sinon j'ai rencontré des potes de Marine, ils sont cooli coolou mais j'étais un peu larguée avec tout ce monde quand même. En tout cas mes poumons ont bien morflé ce jour là. Je l'ai ressenti ça. Quand je respirais j'aspirais pas autant que je le désirais. Mais mon séjour en Corse m'a permis de me calmer là dessus.
Et je renchaîne pendant les vacances avec les champis, les champipis, les champignons, les champimignons! Mouahahahah! Comptez sur moi pour vous tenir au courant.
Ma mère a décidé de m'envoyer chez le psy pour que je prenne confiance en moi. Je regrette déjà. Mon père me harcèle sur la confiance en soi et j'ai plutôt envie de lui rire au nez quand je le vois. Il est si ridicule. Mais j'ai décidé de me calmer et de moins cracher sur mes parents. Je crois que j'aurais du refuser d'aller la voir cette fille, dès le début. En plus ces temps-ci j'allais plutôt bien et mes parents m'inventent des maux que j'arrivais à faire partir seule. Les voilà de retour. Ma mère m'assure qu'en ce moment je vais mal. Je crois que je n'ai pas été aussi bien depuis plus d'un an.
Et ce vide qui m'emplit quand elle n'est pas là. J'ai tant besoin d'elle autant qu'elle aura besoin de moi, et d'autres pour exister dans ce monde de brutes. Tout le monde la brutalise, la pauvre. Elle n'a rien demandé. Elle ne fait de mal à personne. Elle soigne certaines douleurs physiques, calme les détresses mentales. Mais on la brime, la détruit, comme une ennemie. Je l'aime. Elle me tend la main quand les autres sont ailleurs. Elle me redonne le sourire et l'éclat de mes yeux. Désormais toutes les deux on ne se quittera plus, je ne veux pas. J'ai passé presque dix jours sans toi et tu fais partie de ces choses que seuls les fous refusent. Je ne suis pas folle, et je ne le deviendrais pas, tant que tu ne me quitteras pas. Je vais planter, je vais planter. Ahahah bavez bande de truffes! Ma mère c'est la plus gentille des mamans. Elle est juste gentille hein, le reste... Je me suis pas mal informée sur le sujet et c'est super compliqué. Il faut un truc avec les apports en O2, CO2, etc. Pour sûr, mon prof de physique fabrique de la drogue. J'en suis sûre. Bon sinon je ne poserais pas tant de questions, j'arroserais au pif, demanderais des conseils à mon père, ma mère, mon frère, ou bien à lui.
Mon c½ur bat à grands coups dans mon corps rien qu'en imaginant ce que je m'apprête à faire. J'ai peur. Je ne devrais pas. Je vais simplement revenir à la réalité. Je vais enfin savoir, au risque de tomber de haut. Mais j'arrêterais de rêver et de m'imaginer des trucs qui n'arriveront que si je me bouge le cul, chose que je ne fais pas actuellement.
Dans la nuit, rien n'existe réellement. Je ne parle pas. Mon père fait mine de sommeiller pour montrer qu'il sera capable dans une demie heure de prendre le volant alors que la seule chose qui le maintient éveillé est le café qu'il a pris à la station service. Mon frère conduit. La plupart des français dorme. Les insomniaques errent dans leur cuisine. Certains prennent des tisanes dégueus que leur a conseillé leur "ami" pharmacien. D'autres avalent leur médoc lentement en se disant qu'ils pourront sûrement dormir après avoir ingéré une douzaine de gélules. Encore une autre catégorie, dont ma grand mère fait parti, s'est depuis le temps rendue à l'évidence et commence matinalement leur journée. Des nouveaux nés sont sûrement en train de chialer, réveillant leurs parents et toute la maisonnée. D'autres doivent être en train de faire l'amour. Certains travaillent, plus ou moins honnêtement. Quelques jeunes rentrent discrètement chez eux après avoir passé une nuit de folie en boîte ou ailleurs alors que leurs parents les imaginaient tranquillement dans leurs lits. Quelques geeks enchainent avec leur sixième yaourt, aliment principal de l'intéressé, tout en jouant à un RPG des plus ennuyants mais qui consiste en leur seule activité. Peut être y-a-t-il des gens comme moi qui se posent des questions sur la vie, les autres. Peut être existe-t-il quelqu'un qui comme moi écrit, en écoutant de la bonne musique [là c'est Motörhead] et qui est en mal d'amour, pensant à l'autre qu'il ne connait pas. Dans la nuit, il n'y a plus rien. Elle a quelque chose d'intime qui favorise la créativité. J'aimerais avoir mon piano, là, et composait comme je ne l'avais jamais fait car ça va faire plus d'une semaine que je n'ai pas joué. J'aime la nuit et le silence secret qu'il laisse l'imagination divaguer."Et s'ils sont grands, ce n'est que parce que nous sommes à genoux" Relevons nous, bordel!
Relevons nous!
Il est désormais cinq heures et sept minutes. Il fait toujours aussi nuit. Il ne pleut plus, les essuies glaces ont arrêté leur parade nuptiale incessante. J'aurais tant de choses à dire encore mais ma batterie va me lâcher d'un moment à l'autre. Je suis toujours dans une Renault Clio rouge, je n'ai pas miraculeusement permuté d'une voiture à une autre. Il nous reste quatre heures et demie de trajet, nous sommes à Clermont Ferrand.
Je peux vous dire une chose: écrire dans le noir c'est pas évident, on se décale toujours sur le clavier. Alors soyez gentils et dites moi si vous voyez des fautes de frappes, et je sais qu'il risque d'y en avoir pas mal.
Je posterais tout ça en fin de matinée mais je vous préviens que je n'ai pas internet pendant les vacances, je fais juste un saut chez mon père chercher entre autre la bouteille de Soho pour Cécile et moi.
J'ai fait un rêve où je disais ton nom. Toute la journée pourtant je faisais défiler l'alphabet dans ma tête afin de me le rappeler. Et là dans ce rêve tu apparais et je dis ton nom. En me réveillant je savais que c'était ton nom et qu'un rêve m'avait fait retrouver ce que j'avais perdu.
Musique du moment>>>
Charlie Winston